Éclosion de rougeole : le débat sur la nécessité d’un registre national est relancé.

Chaque jour, une nouvelle manchette. Un nouveau cas de rougeole. Depuis le début de 2019 jusqu’à la fin d’avril, plus de 40 cas de rougeole avaient été signalés au Canada.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), une hausse de 30 % des cas de rougeole est observable à l’échelle mondiale. Les raisons qui expliquent cette éclosion sont complexes, mais les deux principaux facteurs en cause sont la méfiance envers les vaccins et les déplacements vers des pays où la rougeole est encore présente par les personnes non vaccinées.

L’« immunité collective » du Canada est basse

Nous savons que les vaccins atteignent leur pleine efficacité lorsqu’ils fournissent une « immunité collective », soit lorsque les niveaux d’immunisation sont suffisamment élevés pour assurer la protection des personnes non vaccinées en réduisant les risques d’éclosion d’une maladie. Au Canada, l’« immunité collective », ou immunité de groupe, requise pour la rougeole est de 95 %.  

Nous n’avons pas encore atteint ce niveau d’immunisation. L’Enquête sur la couverture vaccinale nationale des enfants, 2015 indique que l’immunité collective du Canada atteint 89 %, soit le taux le plus bas de tous les pays du G7. Parallèlement, les faits saillants récemment publiés de l’Enquête, 2017 indiquent que 90 % des enfants de deux ans ont reçu au moins une des deux doses requises du vaccin de la rougeole.

Registres provinciaux – notre meilleur atout pour comprendre les taux de vaccination

Dans les cas d’éclosion de maladies comme la rougeole, un des défis consiste à obtenir un portrait clair de la couverture vaccinale. Il importe de connaître le nombre de personnes vaccinées et non vaccinées ainsi que les populations ou les régions les plus à risque en raison d’un taux de vaccination plus bas.

Actuellement, malgré les avertissements du secteur de la santé et les efforts du gouvernement, le Canada ne possède pas de registre national sur l’immunisation. Des enjeux financiers, techniques et de coopération provinciale continuent de compromettre notre capacité à obtenir un aperçu précis de la couverture vaccinale nationale.

Pour l’heure, le meilleur moyen pour les représentants de la santé de connaître les taux de vaccination consiste à rassembler les données des différents registres de vaccination provinciaux. Heureusement, chaque province et territoire canadien, à l’exception du Nouveau-Brunswick et du Nunavut, ont un registre de vaccination – une base de données centrale regroupant les événements vaccinaux et les profils vaccinaux des patients et mise à la disposition des fournisseurs de soins de santé.

Le succès du registre provincial repose toutefois sur la qualité des données consignées et de leur mise à jour continuelle. Le Dr Michel Hébert, directeur médical de TELUS Santé, affirme que la législation en matière de santé publique prévoit la tenue d’un registre précis et à jour. « Le secteur de la santé est chargé de consigner les antécédents de vaccination de chaque patient. Quand le registre est mis en place dans une province ou un territoire, les antécédents des patients doivent y être ajoutés. De même, chaque fois qu’une personne est vaccinée, l’administrateur du vaccin doit l’indiquer dans le registre. »

Le Dr Hébert admet que le registre actuel aurait besoin d’améliorations. Par exemple, les nouveaux vaccins et les professionnels de la santé qui viennent d’obtenir le droit d’administrer des vaccins, comme les pharmaciens, pourraient ne pas être reconnus par le système. De plus, le registre ne contient aucune information sur les vaccins qui peuvent être achetés par les patients au moyen d’une ordonnance et administrés dans une clinique privée par une infirmière, comme le vaccin de l’hépatite A et l’hépatite B. Le Dr Hébert maintient toutefois que nous faisons un très bon suivi des vaccins administrés aux enfants.

L’intégration du dossier médical électronique (DME) fait gagner du temps et favorise l’exactitude du registre

Dans certaines provinces, de nouvelles fonctionnalités qui associent certains DME (comme Medesync et KinLogix au Québec) au registre provincial facilitent l’accès aux dossiers des patients et leur mise à jour. Lorsqu’un vaccin est administré, l’information entrée dans le DME est enregistrée à la fois dans le dossier du patient et dans le registre provincial. Pour consulter le profil vaccinal d’un patient, les médecins n’ont qu’à ouvrir le registre provincial depuis le dossier du patient dans le dossier médical électronique.

Le Dr Hébert ajoute : « Si le DME et le registre ne sont pas liés, on doit tout faire deux fois : ouvrir l’outil, chercher le dossier et mettre à jour les données. S’il existe une connexion entre les systèmes, le dossier du patient s’affiche automatiquement. On évite des erreurs et le travail se fait en temps réel. »

D’autres caractéristiques des DME peuvent aider les équipes de professionnels à gérer les vaccins des patients. Par exemple, Med Access et la PS Suite comprennent des modules pédiatriques avec des formulaires d’immunisation et des calendriers de vaccination pour aider les médecins à tenir à jour le profil vaccinal des enfants. Des rappels automatisés peuvent aussi être envoyés aux parents et aux patients qui doivent se faire vacciner ou qui ont manqué un rendez-vous.

Alors que la menace des superbactéries et des maladies contagieuses continue de planer, les membres du secteur de la santé peuvent collaborer pour tirer profit des technologies numériques et ainsi protéger la santé et le bien-être des Canadiens.

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