Un régime national d’assurance‑médicaments à l’ère de la COVID-19 et au-delà.

La Conférence annuelle de TELUS Santé

L’arrivée de la pandémie de COVID-19 aura probablement permis de faire évoluer le modèle de paiement d’une assurance-médicaments nationale vers une approche visant résolument à combler les lacunes, plutôt que vers un modèle universel à payeur unique.

« Il s’agit probablement du plus gros impact de la COVID-19 sur la progression du projet d’assurance-médicaments au Canada », a déclaré Michelle McLean, vice-présidente principale et directrice nationale Santé + Mieux-être pour Hill+Knowlton Strategies, au cours d’un webinaire sur l’assurance-médicaments à l’ère de la COVID-19, tenu le 9 juin dernier. L’enregistrement complet de ce séminaire en ligne, présenté par TELUS Santé, est accessible au bas de cette page.

Avant la pandémie, le gouvernement fédéral semblait s’orienter vers un modèle à payeur unique, comme recommandé en 2019 par le Conseil consultatif sur la mise en œuvre d’un régime national d’assurance-médicaments. Toutefois, le débat demeurait ouvert « […] même au sein du parti libéral; il y avait autant d’engouement pour un modèle visant à combler les lacunes que pour celui du payeur unique. », souligne madame McLean.

Cependant, le déficit croissant du Canada en raison de la pandémie de COVID-19 a changé la donne. Madame McLean dit encore que « ce que nous entendons présentement à Ottawa, c’est que l’approche visant à combler les lacunes a désormais l’avantage. La vraie question est de savoir si le gouvernement a toujours une marge de manœuvre financière suffisante pour tendre vers un système universel à payeur unique. »

Cela dit, toute nouvelle politique ou législation n’étant pas directement liée à la COVID-19, qu’elle soit en lien avec l’assurance-médicaments, la réconciliation avec les peuples autochtones ou les changements climatiques, a pour l’instant été mise en veilleuse ou retardée.

En ce qui concerne l’assurance-médicaments, la mise en place d’un nouveau cadre de tarification par le Conseil d’examen du prix des médicaments brevetés (CEPMB), qui était prévue pour le 1er juillet, a été remise au 1er janvier 2021. Cette nouvelle structure établira une baisse de prix pour plusieurs médicaments au Canada, un élément clé pour faciliter l’accès des Canadiens à des médicaments nécessaires.

« Ces changements apportés par le CEPMB sont un élément fondamental du projet d’assurance-médicaments », affirme le docteur Bob Bell, coprésentateur du séminaire avec madame McLean. Le Docteur Bell a été sous-ministre de la Santé en Ontario avant de se joindre à Hill+Knowlton en tant qu’associé.

Néanmoins, même lorsque les changements prônés par le CEPMB prendront effet, il pourrait s’écouler un certain temps avant que l’assurance-médicaments devienne une priorité dans les programmes politiques du fédéral ou des provinces. D’autres questions en lien direct avec la COVID-19 sont apparues et auront préséance, dont le problème des soins de longue durée, qui est au premier plan. À ce propos, le docteur Bell explique que « [La situation de la COVID-19] a mis en lumière le fait que beaucoup de nos aînés vivent dans des conditions tout simplement inacceptables à notre époque. »

Parmi les autres questions d’intérêt qui surgissent de la crise de la COVID-19 et qui risquent de prendre le haut du pavé, citons : une meilleure préparation aux situations d’urgence; des systèmes améliorés de données et d’analyse pour la santé publique; plus de ressources et de soutien en santé mentale (domaine qui était par ailleurs déjà sujet d’investissements croissants avant la crise); plus de soutien pour les soins à domicile (autre secteur déjà visé par d’importants investissements); l’intégration des soins virtuels dans le système public de santé; l’élimination des retards et accumulations dans le système de santé (chirurgies, diagnostics, etc.) et, enfin, la gestion du déficit.

Lorsque le projet d’assurance-médicaments refera enfin surface dans la liste des priorités, le docteur Bell prédit que les provinces seront plus enclines à soutenir une approche progressive, conforme à un modèle visant à combler les lacunes. Cela débuterait probablement par la création d’une Agence canadienne des médicaments (ACM). Comme il avait été annoncé avant la pandémie de COVID-19, les trois principales tâches de l’ACM seraient de faire baisser les prix des médicaments (en s’appuyant sur le nouveau cadre du CEPMB et sur le travail de l’Alliance pancanadienne pharmaceutique), de dresser une liste des médicaments essentiels et de développer une stratégie nationale pour les médicaments à coût élevé servant à traiter les maladies rares.

« Il s’agit probablement de trois éléments sur lesquels le gouvernement fédéral devrait mener des négociations au niveau provincial, dans le but d’amorcer un régime d’assurance-médicaments à l’échelle du pays », mentionne le docteur Bell. « Assurément, toutes les provinces peuvent reconnaître que l’APP (l’Alliance pancanadienne pharmaceutique) accroît leur pouvoir de négociation auprès des entreprises pharmaceutiques internationales. »

Pendant le webinaire, le docteur Bell et madame McLean ont discuté plus en profondeur des potentiels changements à venir concernant les relations entre les provinces et le fédéral au sujet des soins de santé. Pour l’enregistrement complet du séminaire en ligne et pour télécharger la présentation, voir ci-dessous. Disponible seulement en anglais.

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