Trois mécanismes de compression des coûts pour aplanir la courbe du coût des médicaments.

Le coût des régimes de soins de santé offerts par les employeurs au Canada devrait augmenter de 7,0 % en 2021, selon le Rapport 2021 sur les tendances mondiales en matière de coûts médicaux d’Aon Canada – un dépassement colossal de 5,7 % du taux d’inflation. De plus, selon le Rapport 2020 sur les tendances et références canadiennes en matière de consommation de médicaments de TELUS Santé, axé sur le coût des médicaments, les coûts admissibles moyens des régimes privés d’assurance médicaments ont augmenté de 7,6 % en 2019, une hausse plus rapide que dans l’une ou l’autre des quatre années précédentes.

« La durabilité constitue la plus grande préoccupation des preneurs de régimes. Ils doivent trouver un moyen d’offrir des avantages sociaux concurrentiels aux employés tout en limitant les coûts », explique Shawn O’Brien, Directeur général, Exploitation des données et feuille de route des solutions dentaires, médicaments et soins de santé, de TELUS Santé. « Il s’agit d’un équilibre délicat. »

Voici trois mécanismes de compression de coûts pour aider les preneurs à aplanir la courbe du coût des médicaments, et ainsi, à continuer d’offrir des régimes de soins complets qui répondent aux besoins de leurs adhérents.

1. Exploiter les caractéristiques fondamentales des régimes.

Certaines solutions de compression de coûts existent depuis bien des années, mais selon M. O’Brien, leur adoption a pris du temps. Si vous n’appliquez toujours pas ces quatre mesures, il serait temps de les envisager :

  • La substitution générique obligatoire permet de remplacer un médicament d’origine par son équivalent de moindre coût ou de limiter le paiement des réclamations au coût du générique.
  • Les programmes basés sur des médicaments de référence permettent de réduire le coût des médicaments sans équivalent générique ou de les remplacer par un médicament de moindre coût qui procure le même effet.
  • La thérapie par paliers permet d’assurer que les adhérents d’un régime essaient la solution à faible coût avant de passer au médicament à coût élevé.
  • Les listes de médicaments gérées permettent de veiller à ce qu’une analyse indépendante coûts-avantages soit effectuée sur les nouveaux médicaments, plutôt que d’ajouter ceux-ci à la liste d’un régime dès que Santé Canada les autorise.

La substitution générique obligatoire gagne particulièrement du terrain, car bien des assureurs l’offrent par défaut, à moins qu’un régime n’y participe pas. Voilà qui alimente la tendance selon laquelle les médicaments génériques représentent 63 % des ordonnances remboursées par les régimes privés d’assurance médicaments en 2019, contre 58 % en 2015[1].

2. Réduire le coût des médicaments de spécialité.

De 2018 à 2019, les coûts mensuels admissibles moyens par assuré âgés de 25 à 64 ans ont augmenté de 2,9 % pour les médicaments classiques (autres que de spécialité). Ces coûts ont subi une hausse de 10,1 % pour les médicaments de spécialité (dont les produits biologiques), qui engendrent des coûts d’au moins 10 000 $ par réclamant par année[2].

« Moins de gens recourent aux médicaments de spécialité qu’aux médicaments classiques, car ils traitent des affections rares; ils représentent tout de même 30 % de l’ensemble des coûts admissibles en ce moment, selon notre portefeuille d’affaires », indique M. O’Brien.

La stratégie d’autorisation préalable nous permettrait de réduire le coût des médicaments de spécialité en vérifiant qu’un adhérent d’un régime répond à certaines directives cliniques avant qu’une ordonnance de ce type ne soit émise. L’autorisation préalable électronique constitue la prochaine étape logique, car elle permet d’accroître l’efficacité et d’accélérer l’accès aux médicaments tout en limitant les obstacles à cet accès.

En outre, les preneurs de régimes devraient peut-être envisager une stratégie de substitution de produits biologiques à coût élevé sans équivalents génériques par des biosimilaires (des médicaments qui donnent des résultats similaires, mais pas directement équivalents). Un produit biologique est parfois employé pour le traitement de plusieurs affections, alors qu’un biosimilaire ne peut être approuvé que pour en traiter une seule. Pour que cette stratégie fonctionne, les systèmes doivent donc consigner de l’information sur chaque affection du réclamant.

Les ententes portant sur l’inscription de produits, qui réduisent le coût des médicaments au point de vente, ont aussi un rôle essentiel dans la baisse du coût de nombreux médicaments de spécialité.

3. Soutenir l’observance thérapeutique.

Les adhérents d’un régime ne bénéficient pas pleinement des médicaments s’ils ne respectent pas l’ordonnance – et pourraient finalement en avoir besoin longtemps s’ils ne maîtrisent pas leurs affections. Pourtant, TELUS Santé a constaté un taux élevé de non-observance (calculé selon le renouvellement réel des ordonnances par les réclamants) dans trois catégories qui, prises ensemble, représentent 28 % des coûts admissibles : le diabète (24,8 %), la dépression (23,0 %) et les maladies cardiovasculaires, y compris l’hypertension et le cholestérol élevé (16,2 %)[3].

Pour soutenir l’observance thérapeutique, les preneurs de régimes peuvent recourir à des outils technologiques simples, comme des applications qui envoient des rappels quotidiens de prise de médicaments et des alertes de renouvellement d’ordonnance. Certaines applications de soins virtuels peuvent planifier ces renouvellements sans appel à la clinique du médecin ni rendez-vous sur place.

Ces applications permettent aussi de simplifier l’organisation d’une rencontre virtuelle avec un travailleur social, un psychologue ou un psychothérapeute, ce qui peut grandement contribuer à l’observance chez les personnes aux prises avec des troubles de santé mentale. Ensemble et obtenus rapidement, les médicaments et la consultation peuvent permettre de prévenir les problèmes de santé mentale à long terme.

Votre régime mérite une approche personnalisée.

Chaque régime est différent. Il est donc essentiel de concevoir une approche sur mesure fondée sur l’analyse approfondie des principaux générateurs de coûts d’un régime afin de tirer le meilleur parti des mécanismes de compression.

« Surveillez régulièrement vos générateurs de coûts pour voir où ces coûts se situent par rapport aux références. C’est un important outil d’aide aux décisions qui vous oriente vers les modifications potentielles à apporter à votre régime », conseille M. O’Brien. « Ciblez les éléments qui vous donneront le meilleur rendement selon vos données, puis évaluez les résultats pour valider les modifications apportées. »

[1]. Rapport 2020 sur les tendances et références canadiennes en matière de consommation de médicaments de TELUS Santé.
[2]. Ibid.
[3]. Ibid.

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