Trois façons pour les employeurs de tirer un avantage concurrentiel de la virtualisation des soins de santé.

C’est dimanche soir et bébé fait de la fièvre. Que faire? Attendre l’ouverture de la clinique sans rendez-vous le lendemain, se risquer à aller à l’urgence en espérant être reçu rapidement ou espérer que la fièvre disparaîtra d’elle-même? Quoi qu’il en soit, ce sera une rude matinée au travail après une si courte nuit – sans compter les heures d’absence pour aller consulter un médecin.

Des scénarios plus ou moins comme celui-là se répètent dans bon nombre de foyers et de milieux de travail au Canada et pèsent lourd sur les épaules des travailleurs et des employeurs. Un récent rapport publié par la Harvard Business School indique que la perte de productivité, l’absentéisme et le présentéisme attribuables au fait que leurs employés ne peuvent pas avoir accès à des soins de santé aisément et rapidement font perdre des millions de dollars aux entreprises1.

C’est dans ce contexte que les soins de santé virtuels se révèlent intéressants pour les employeurs canadiens, car ils permettent aux patients d’être connectés à des professionnels de la santé à la demande, de jour comme de nuit, grâce à des applications Web et mobiles. Il ressort d’un nouveau rapport publié le Groupe Santé Medisys que le Canada s’est laissé distancer en ce qui a trait à l’adoption de ce modèle de soins de santé, malgré le rendement du capital investi confirmé aux États-Unis et au Royaume-Uni2.

Les employeurs canadiens peinent à faire face à la hausse du coût des médicaments et des soins de longue durée d’une part, et à proposer des milieux de travail sains et productifs, d’autre part3. Parallèlement, ils s’efforcent de doter leur organisation du capital de compétences nécessaires pour qu’elle demeure compétitive à long terme en se disputant le peu de talents disponibles3.

De nombreux assureurs et conseillers en régimes encouragent les employeurs à envisager les soins de santé virtuels non seulement pour maîtriser leurs dépenses, mais également pour en tirer un précieux avantage concurrentiel. Au Canada, seuls 9 % d’entre eux offrent à leurs employés des régimes d’avantages sociaux comprenant des soins de santé virtuels2; il s’agit donc là d’une excellente occasion pour des organisations canadiennes de se démarquer de la concurrence tout en remédiant à des enjeux prioritaires.

La clé? Savoir attirer et retenir les meilleurs talents.

L’époque des surplus de main-d’œuvre est bel et bien révolue, et les chefs d’entreprise n’ont jamais été aussi préoccupés par la nécessité de dénicher et de retenir les bonnes personnes afin d’assurer la croissance de leur entreprise4. Ce problème ne touche pas seulement les plus grandes entreprises : il y avait plus de 400 000 postes à pourvoir à la fin de l’année dernière au sein des petites entreprises canadiennes5.

En fait, le salaire n’est plus le seul facteur qui entre en jeu. Les employeurs doivent proposer d’autres mesures incitatives aux chercheurs d’emploi, afin de les attirer et de les recruter, car ils sont peu nombreux. Les soins de santé virtuels sont un argument de poids à présenter à d’éventuelles recrues, et d’après le rapport du Groupe Santé Medisys, ils pourraient bien devenir populaires, puisque les deux tiers des salariés disent qu’ils les utiliseraient s’ils étaient couverts par leur régime (ce qui est nettement supérieur à la proportion de salariés ayant généralement recours aux programmes d’aide aux employés, soit 10 %). De plus, quelque 70 % des salariés seraient prêts à renoncer à certains avantages sociaux au profit de soins de santé virtuels. Les milléniaux s’intéressent tout particulièrement à ces services : 67 % d’entre eux souhaitent y avoir accès2.

Les milléniaux cherchent également à savoir comment un employeur potentiel se sert des nouvelles technologies. De nos jours, les travailleurs sont très à l’aise avec les applications mobiles et les conversations virtuelles, et ce virage numérique sur leur lieu de travail consiste à leur offrir entre autres des services de santé modernisés aussi intuitifs que le magasinage en ligne6.

En fait, l’accès aux soins de santé peut être une proposition de valeur décisive offerte par les employeurs à leurs employés et à d’éventuelles recrues, qui leur permet de réduire les sommes et le temps investis dans le recrutement11, tout en améliorant le taux de rétention des employés1, en particulier chez les 16 % de Canadiens qui n’ont pas de médecin de famille7.

Des employeurs comme Desjardins et Cossette sont des fers de lance de l’utilisation des soins de santé virtuels et renforcent ainsi les avantages concurrentiels qui lui sont associés, en veillant à expliquer en permanence à leurs employés quand et comment avoir recours à ces soins.

Au service des intérêts d’une main-d’œuvre en santé.

Par ailleurs, les travailleurs s’attendent de plus en plus à ce que leur employeur les aide à prendre leur santé en main et à demeurer en santé. Or une étude menée par Morneau Shepell a permis de démontrer que 60 % des Canadiens vivent avec une maladie chronique8, telle que le diabète, l’arthrite, une maladie cardiaque ou des troubles mentaux, lesquels sont de plus en plus fréquents.

Les troubles mentaux, qui sont la principale cause d’invalidité chez les travailleurs, coûtent à eux seuls 6,3 milliards de dollars par an aux employeurs canadiens en pertes de productivité. Si les préjugés négatifs à leur égard commencent à tomber, les personnes qui en souffrent ne cherchent pas pour autant à se faire soigner2.

Un demi-million de Canadiens s’absentent de leur travail chaque semaine en raison de troubles mentaux2; il apparaît donc essentiel d’aplanir les obstacles au traitement de ces troubles, afin de préserver la santé de la population active. En effet, l’inaccessibilité des soins est l’une des principales difficultés auxquelles se heurtent les travailleurs qui cherchent à faire soigner leurs problèmes de santé mentale. Heureusement, un vaste corpus de données probantes montre que les solutions de soins de santé virtuels peuvent grandement y remédier.

Aux États-Unis, une réduction de 30 % des rendez-vous ratés a été observée dans le cadre d’un programme associant une thérapie cognitivo-comportementale (TCC) virtuelle à des séances en présentiel, et au Canada, des outils similaires favorisent des interventions précoces qui réduisent le coût de la TCC et les demandes de prestation d’invalidité, tout en prévenant l’absentéisme2.

Des effectifs présents, productifs et en santé ayant accès aux soins dont ils ont besoin à la demande constituent un avantage concurrentiel de taille pour leurs employeurs, comparativement à ceux qui doivent jongler avec des problèmes d’absentéisme et de hausses des coûts.

Nouvelles stratégies pour dynamiser la productivité.

Il convient de souligner que si les employés malades s’absentent de leur travail, ce n’est pas uniquement à cause de leurs problèmes de santé, c’est aussi parce qu’ils cherchent à recevoir des soins. Selon une étude, les Canadiens s’absentent de leur travail de deux à six jours par an pour consulter un médecin. Ce nombre double dans le cas des travailleurs qui doivent emmener leurs enfants chez le médecin9.

Le coût de l’absentéisme lié à la santé est stupéfiant : il s’élève à 16 milliards de dollars en pertes de revenus pour les employeurs canadiens10 – un argument commercial solide en faveur des interventions permettant aux travailleurs d’avoir accès aux soins de santé comme ils l’entendent et d’en disposer aux moments les plus opportuns. Selon le rapport du Groupe Santé Medisys, une entreprise de taille moyenne peut récupérer plus de 2600 heures de productivité et économiser 174 000 $, si ne serait-ce que la moitié de ses employés ont recours à des services de soins virtuels. Dans le cas de plus grandes entreprises, le gain de productivité atteint plus de 9800 heures, et les économies réalisées, 673 000 $2.

La bonne nouvelle, c’est qu’on ne perçoit aucune réduction de l’efficacité du traitement ni aucune détérioration de l’expérience des patients lorsqu’ils interagissent avec les professionnels de la santé de façon virtuelle. En fait, la proportion du temps consacré à une consultation médicale que le patient passe face au médecin s’élève à 95 % dans le cas des visites virtuelles, alors qu’elle n’est que de 20 % dans celui des visites classiques (car elle englobe alors la durée des déplacements et le temps d’attente)2.

Les effets positifs de la transition vers un modèle de soins de santé virtuels ne se limitent pas à une amélioration des résultats nets, ils se répercutent également sur l’économie et le système de santé canadiens. En réduisant les temps d’attente, les visites à l’urgence, les visites médicales manquées et les obstacles à l’accès aux soins, les soins de santé virtuels permettent à tous les Canadiens de recevoir le traitement dont ils ont besoin, quand ils en ont besoin.

La plupart des grandes sociétés d’assurances ont déjà adhéré au concept; les conseillers en régime peuvent donc jouer un rôle déterminant en aidant les employeurs à trouver la bonne solution de soins de santé virtuels. Lorsqu’un employeur est en mesure d’attirer et de recruter les meilleurs talents tout en réduisant les coûts et en favorisant la santé et la productivité de ses effectifs, il parvient non seulement à distancer ses concurrents, mais également à améliorer la qualité de vie des Canadiens.

Pour mieux comprendre dans quelle mesure les soins de santé virtuels peuvent contribuer à améliorer la santé et la compétitivité des entreprises canadiennes, téléchargez le rapport du Groupe Santé Medisys sur le secteur des soins de santé virtuels dès aujourd’hui.

Références :
Fuller, J.B., and Raman, M. (2019). The caring company: How employers can help employees manage their caregiving responsibilities – while reducing costs and increasing productivity. Harvard Business
School.Groupe Santé Medisys (2019). Un rapport sur le secteur des soins de santé virtuels en 2019.
Aon Canada (2018). Avantages sociaux – Priorités 2018.
The Conference Board (2019). C-suite challenge 2019.
CFIB (2018). Postes à pourvoir : Les postes vacants dans le secteur privé au T4 2018.
PWC (2018). Our status with tech at work: It’s complicated.
Statistique Canada (2014). Accès à un médecin régulier.
Morneau Shepell (2016). Forgotten decisions: The disconnect between the plan and reality of Canadians regarding health and finances in retirement.
Murphy, R. (2018). Majority of Canadians have taken time off work for medical appointments: survey. Benefits Canada, 24 septembre 2018.
The Conference Board of Canada (2013), Missing in action: Absenteeism Trends in Canadian Organizations.
LinkedIn (n.d.). The ultimate list of employer brand statistics for hiring managers, HR professionals and recruiters.

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