Surveillance de l’approvisionnement en médicaments au Canada durant la COVID-19.

Devant les allégations selon lesquelles les pénuries de médicaments seraient de plus en plus fréquentes au Canada en raison de la pandémie de COVID-19, Santé Canada s’est employée à collaborer étroitement avec les fabricants, les distributeurs, les hôpitaux et les pharmacies pour maintenir la stabilité de la chaîne d’approvisionnement en médicaments du pays.

TELUS Santé surveille et réagit à l’évolution de l’approvisionnement en médicaments au Canada en optimisant ses processus de couverture des médicaments de substitution qui peuvent être délivrés à la place des médicaments qui sont en quantité insuffisante ou en rupture de stock. Pour ce qui est des régimes collectifs complémentaires d’assurance médicaments offerts par l’employeur, TELUS Santé collabore avec ses clients en leur transmettant les données relatives aux commandes de médicaments en attente afin de les aider à prendre les mesures appropriées au nom de leurs preneurs de régimes.

« Tous les acteurs du milieu travaillent de manière concertée selon deux objectifs : prévenir le stockage de médicaments à court terme, et protéger la viabilité de la chaîne d’approvisionnement mondiale à long terme », affirme Jason Kennedy, directeur, services de consultation pour le secteur de la santé chez TELUS Santé.

La plupart des fabricants de produits pharmaceutiques exercent leurs activités à une échelle mondiale, ce qui signifie souvent qu’ils s’approvisionnent en matières premières dans plusieurs pays. Si les fabricants ont généralement des réserves de plusieurs mois de produits finis dans un marché donné, on ignore comment les perturbations économiques causées par la COVID-19 affecteront la chaîne d’approvisionnement au-delà de cette période.

« L’enjeu ne porte pas seulement sur la pénurie éventuelle de matières, mais aussi sur la capacité de les transporter en quantité suffisante, indique M. Kennedy. Nous n’avons pas de vue d’ensemble, et de nombreux facteurs pourraient rompre l’équilibre et avoir une incidence sur le produit final. »

Santé Canada et des représentants de l’industrie communiquent comme jamais pour prévoir et atténuer les perturbations à court et à long terme. « Le point positif de ce terrible virus est que nous constatons une grande collaboration et plus de transparence entre tous les acteurs concernés. Nous agissons sur des concepts qui font l’objet de discussions depuis quelques années concernant la façon d’accélérer les processus pour contrer les pénuries de médicaments », déclare Nick Boorman, vice-président du marketing chez Apotex, un laboratoire pharmaceutique appartenant à des intérêts canadiens.

Actions à court terme.

La nécessité d’agir rapidement était évidente, étant donné l’incidence immédiate de la COVID-19 sur l’approvisionnement en médicaments. « En mars, presque deux fois plus de médicaments étaient en rupture de stock par rapport à janvier ou février », indique Lavina Viegas, directrice des activités liées aux médicaments chez TELUS Santé, citant des chiffres provenant de penuriesdemedicamentscanada.ca, le site Web de Santé Canada affichant les pénuries et les retraits de médicaments. Les fabricants de produits pharmaceutiques au Canada sont légalement tenus de signaler sur ce site Web les pénuries prévues et réelles.

Toutefois, ces commandes en souffrance ne se traduisent pas nécessairement par des pénuries pour les patients. En effet, la majorité des ruptures de stock concernent des catégories de médicaments pour lesquelles il existe deux médicaments génériques ou plus, en plus du produit de marque. La pharmacie est donc en mesure de délivrer un autre médicament, habituellement un générique, une fois que l’adjudication a lieu.

TELUS Santé a simplifié ce processus d’adjudication en « surveillant de près le site Web consacré aux pénuries de médicaments et en gérant [son] système de tarification des médicaments de manière à ce qu’il relie proactivement la couverture au médicament générique suivant le moins cher, plutôt que d’attendre que les pharmacies contactent le bureau de service pour les commandes en souffrance, mentionne Mme Viegas. Les pharmacies sont très occupées en ce moment et nous mettons tout en œuvre pour qu’il n’y ait pas de désagréments pour les adhérents aux régimes. »

Bon nombre des autres commandes en souffrance observées aux premiers jours de la pandémie sont attribuables aux patients eux-mêmes qui ont voulu se constituer des réserves de médicaments. Santé Canada a exhorté les Canadiens à ne pas acheter plus de médicaments que d’habitude tandis que du côté des distributeurs et des fabricants, on gère les commandes pour essayer de les maintenir aux niveaux observés avant la pandémie. « Chacun fait de son mieux pour s’assurer qu’en aval, personne n’essaie de stocker des médicaments », résume M. Kennedy.

Des directives provinciales ont également été émises afin de limiter la délivrance des médicaments d’entretien à 30 jours au lieu de la provision habituelle de 90 jours. En Saskatchewan et au Manitoba, cette mesure n’est pas facultative, mais obligatoire.

Plus particulièrement, les commandes en souffrance d’inhalateurs de salbutamol pour le traitement de l’asthme sont une source d’inquiétude pour toutes les parties concernées, y compris les preneurs de régimes, en raison de leur utilisation potentielle pour le traitement des symptômes de la COVID-19. « Santé Canada a fait un excellent travail en prenant les devants et en travaillant avec les fabricants, les groupes de patients, les hôpitaux et les pharmacies pour s’assurer que les patients actuels continuent à prendre leurs médicaments et pour aider les fabricants à répondre à un accroissement éventuel de la demande », déclare M. Boorman.

Dans un avis et communiqué de presse daté du 17 avril dernier, Santé Canada a annoncé qu’il y avait effectivement une hausse de la demande pour des inhalateurs de salbutamol en raison de la COVID-19. Pour résoudre les problèmes d’approvisionnement à court terme, le Ministère a réitéré que les personnes asthmatiques « qui souhaitent renouveler leur ordonnance ne reçoivent qu’un inhalateur à la fois ». Santé Canada a également rappelé aux patients de prendre leurs autres médicaments contre l’asthme tels que prescrits afin de réduire le besoin de salbutamol, qui est destiné à être utilisé occasionnellement comme médicament « de secours » uniquement.

Préparations pour le long terme.

Au cours des prochaines semaines, les commandes en souffrance pourraient indiquer des problèmes dans la chaîne d’approvisionnement mondiale à long terme. « Nous gardons un œil sur les situations où les fabricants dépendent du même ingrédient actif provenant de la même source à l’étranger, ou lorsque le Canada est en concurrence avec d’autres pays et que ces derniers s’approvisionnent en plus grandes quantités », révèle M. Kennedy.

Apotex est prête à jouer un rôle central pour aider à résoudre les problèmes d’approvisionnement à long terme. Établie au Canada, cette entreprise fabrique 95 % de ses produits finis et bon nombre de ses ingrédients actifs en sol canadien. Elle est la plus grande société de produits pharmaceutiques au Canada en volume, contribuant à l’exécution d’une ordonnance sur cinq au pays.

« Notre priorité est de veiller à répondre en premier lieu aux besoins des Canadiens », affirme Heather West, vice-présidente, accès aux marchés et relations gouvernementales chez Apotex.

Les communications avec les gouvernements fédéral et provinciaux sont quotidiennes et comprennent des plans pour qu’Apotex augmente sa production de médicaments selon les besoins. « Nous avons reconverti nos usines et avons déjà augmenté la production de produits pour lesquels nous pensons qu’il pourrait y avoir une hausse de la demande », ajoute Mme West. La société a également commencé à embaucher davantage d’employés pour ses sites de fabrication.

Conséquences pour les preneurs de régime.

Afin de tenir les assureurs à jour, TELUS Santé a agrégé les données provenant de sa base de données sur les régimes d’assurance médicaments, du site Web de Santé Canada consacré aux pénuries de médicaments et de ses communications périodiques avec les fabricants et distributeurs de produits pharmaceutiques et les acteurs du secteur pharmaceutique. « Nous avons instauré des appels hebdomadaires avec les assureurs et les tiers payeurs pour discuter des délais et des impacts potentiels dans les semaines et les mois à venir », mentionne M. Kennedy.

Les conversations portent également sur les éventuelles répercussions sur les coûts de certaines des stratégies visant à atténuer les pénuries de médicaments. Par exemple, avec l’augmentation des demandes de remboursement pour les approvisionnements de 30 jours et la diminution de celles associées aux approvisionnements de 90 jours, TELUS Santé a constaté que les frais d’exécution d’ordonnance étaient facturés trois fois plutôt qu’une seule.

De même, dans le cas de certaines classes de médicaments, on a commencé à constater des ruptures de stock pour toutes les options génériques en même temps. Dans cette situation, la couverture est temporairement associée au médicament de marque d’origine jusqu’à ce que l’approvisionnement soit rétabli pour l’un des génériques. « Même les régimes ayant une politique de substitution obligatoire par des génériques respecteront le prix du médicament de marque dans cette situation », fait remarquer Mme Viegas.

« Il existe un risque d’augmentation des coûts à court terme en ces temps incertains. L’objectif principal à ce stade est la continuité du traitement pour les patients », ajoute M. Kennedy.

La substitution thérapeutique constitue une autre option. Il existe, par exemple, plusieurs classes d’antihypertenseurs et chaque classe a ses propres options de médicaments génériques. Si une classe entière est en rupture de stock, les médecins (ou les pharmaciens, dans les provinces où ils ont le pouvoir de prescription) peuvent passer à une autre classe de médicaments. En fait, une telle substitution devrait probablement se faire même lorsque le produit de marque n’existe plus dans une classe. « Ce type de substitution thérapeutique serait dicté par l’offre plutôt que par une mesure de limitation des coûts », explique M. Kennedy.

Les mois à venir offriront une image plus claire des conséquences de ces ruptures de stock de médicaments, ainsi que des nouvelles stratégies d’atténuation, pour les régimes privés d’assurance médicaments. TELUS Santé continuera à surveiller, regrouper et interpréter les nombreuses sources d’information qui aideront les assureurs, les tiers payeurs et les preneurs de régime à prendre les meilleures décisions possible pour leurs organisations.

« Il est vrai qu’au Canada, nous nous en tirons plutôt bien pour l’instant, mais nous ne pouvons pas rester les bras croisés et ne pas nous inquiéter de la possibilité de perturbations potentiellement graves de notre approvisionnement en médicaments, déclare Mme Viegas. Au moins, nous sommes maintenant en bonne position pour voir ce qui pourrait arriver et réagir de manière proactive. »

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