Quoi de neuf dans les applications liées à la santé et au bien-être.

De nos jours, on compte des centaines de milliers d’applications liées à la santé; mais en réalité, sur le plan de l’utilité de ces applications pour les employeurs, le marché en est à ses premiers balbutiements.

Les applications peuvent jouer un rôle important dans toutes les étapes du continuum des soins de santé, du simple engagement jusqu’à la prévention et à la gestion des maladies chroniques. La grande majorité des applications existantes appartiennent au début de ce continuum, en engageant la participation des utilisateurs au moyen de simples défis ou de techniques d’apprentissage ludiques qui stimulent une prise de conscience générale des comportements sains à adopter. Il est difficile de savoir si ces applications entraînent à long terme des gains en matière de santé, en partie parce que leurs utilisateurs tendent généralement à être déjà en santé au départ; ou, à l’inverse, parce que les utilisateurs en mauvaise santé ont besoin d’outils numériques plus ciblés et plus personnalisés qui se trouvent à l’autre extrémité du continuum, et que les applications de ce genre sont relativement peu nombreuses pour le moment. Le coût peut également être un facteur : les gens ont tendance à préférer les applications gratuites, alors que celles qui reposent le plus sur des preuves et qui sont le plus axées sur des services cliniques peuvent comporter des frais.

Selon un sondage réalisé en 2017 auprès de plus de 4 000 adultes canadiens par le CEFRIO et financé par Inforoute Santé du Canada, 78 % des adultes canadiens possèdent un téléphone intelligent. De ce nombre, 38 % ont dit avoir utilisé une ou plusieurs applications pour suivre certains aspects de leur santé au cours des trois derniers mois. Neuf sur dix de ces utilisateurs ont décrit leur santé comme étant bonne, très bonne ou excellente, alors que 28 % ont déclaré avoir une maladie/affection chronique ou évalué leur santé comme étant passable ou mauvaise. Ils étaient plus susceptibles d’utiliser des applications pour faire le suivi de leur activité physique (64 %), de leur nutrition/leurs habitudes alimentaires (41 %), de l’information liée à leur poids (36 %) et de leur sommeil (36 %).

Bien que la plupart des applications existantes soient plus susceptibles d’engager la participation plutôt que de conduire à de grandes améliorations sur le plan de la santé, elles comportent tout de même une valeur. « Elles aident à promouvoir une culture de milieu de travail positive et donnent aux employés le sentiment que leur employeur fait un effort supplémentaire en leur offrant de nouvelles expériences amusantes. Celles qui offrent des récompenses ont plus de succès, dit Sandie Ventin, vice-présidente adjointe chez Accompass, une division de Gallagher. C’est pourquoi nous devrions parler de cela comme faisant partie de l’engagement des employés, et non seulement du point de vue des programmes de mieux-être ou des régimes de soins de santé. Les coûts, le cas échéant, pourraient provenir du budget de la rémunération globale. »

Bonne nouvelle : les employeurs peuvent tirer parti des options offertes sans frais par les fournisseurs de services de soutien aux employés ou, plus récemment, par les compagnies d’assurance (p. ex. les programmes Mon réseau santé de la Great-West, Vitalité de Manuvie et Lumino Santé de la Sun Life). Certaines entreprises d’experts-conseils en avantages sociaux ont également investi dans leur propre suite d’applications (p. ex., LifeWorks par Morneau Shepell).

De l’engagement à la gestion des maladies chroniques.

Les fournisseurs de ces programmes croient que leurs applications peuvent faire plus qu’engager la participation des employés. Les offres qu’ils mettent en place visent à couvrir tout le continuum en aidant les employés à cerner les risques pour leur propre santé d’abord, puis à s’informer de façon proactive sur les façons d’améliorer leur santé et d’adopter de nouveaux comportements au moyen d’objectifs personnalisés ou de suggestions d’actions assorties de récompenses incitatives. Certains programmes, comme LifeWorks, offrent aussi déjà l’accès à un encadrement par clavardage ou par vidéo.

« Les attentes des clients ont augmenté, déclare Paula Allen, vice-présidente, Recherche et solutions intégratives chez Morneau Shepell. Ils veulent un programme de mieux-être qui tienne compte du fait qu’un bon nombre de leurs employés travaillent maintenant à domicile. Ils ne veulent pas attendre que leurs employés aient un problème de santé, tout en souhaitant que les employés qui sont en meilleure santé ne soient pas les seuls à participer aux programmes. Ils recherchent un outil qui permet de prendre en charge la santé du début à la fin, de la prévention à l’intervention en cas de crise, et la technologie actuelle est maintenant suffisamment au point pour que cela devienne possible. »

Les applications qui appuient efficacement la gestion des maladies chroniques – et qui permettent ainsi de réduire les demandes de prestations d’invalidité – sont l’objectif ultime, en permettant de faire le suivi des coûts et d’établir un lien entre les régimes de soins de santé et la gestion des maladies chroniques. « La gestion des maladies chroniques est le domaine qui présente le plus de possibilités pour les applications de gestion de la santé. C’est un nouveau domaine, qui comporte des obstacles à surmonter, mais je prédis que les applications de ce genre se retrouveront dans les offres d’avantages sociaux des employeurs d’ici deux à quatre ans, déclare Tim Clarke, président, tc Health Consulting Inc. Dans d’autres parties du monde, on en est au point où les médecins prescrivent des applications, » ajoute-t-il.

« Les applications vont devenir un élément essentiel de la prestation des services de santé, » convient Mme Allen. Pour les entreprises et les employeurs, les applications de thérapie cognitivo-comportementale sur Internet (TCCI) sont un excellent point de départ, puisque de nombreux assureurs de régimes collectifs permettent la couverture des coûts des applications de TCCI dans le cadre des régimes d’avantages sociaux qu’ils offrent, ou accordent l’accès aux TCCI à leurs employés bénéficiaires de prestations d’invalidité.

Connexion aux régimes d’avantages sociaux.

M. Clarke prédit également que ce n’est qu’une question de temps avant que des applications plus sophistiquées de gestion des maladies chroniques – fonctionnant avec des données provenant d’appareils médicaux et comprenant probablement des services d’accompagnement proactif – deviennent des frais médicaux admissibles en vertu des règles de l’Agence du revenu du Canada (ARC). « Lorsque cela arrivera, il y aura de nombreuses façons pour les preneurs de régime de mettre les choses en place pour relier des applications aux régimes d’avantages sociaux, sans que tous aient à délier les cordons de leur bourse. »

Par exemple, les employés en congé d’invalidité de courte ou de longue durée seraient admissibles à des applications appropriées. Les applications approuvées par l’ARC pourraient faire partie d’une catégorie supplémentaire au titre des dépenses admissibles pour des soins paramédicaux. Ou alors, les participants décrits comme ayant des besoins médicaux, en fonction de leur historique des demandes de règlement, pourraient être admissibles à la couverture des frais d’une application et être invités à s’en prévaloir. « L’idée est que si l’historique d’utilisation des services de santé d’une personne indique que celle-ci a un problème de santé chronique, mieux vaut aider cette personne à accéder à une application qui pourrait lui fournir un soutien supplémentaire, » soutient M. Clarke.

L’intégration d’applications dans les régimes de soins de santé de façon à faciliter les changements de comportements, tant sur le plan de la prévention que de la gestion des maladies chroniques, est encore très peu développée. Pourtant, l’inclusion de ces applications est inévitable, compte tenu du fait que nous sommes à l’ère de la rétroaction instantanée accessible en tout temps qu’offre la technologie mobile utilisée avant tout autre moyen. « Nous sommes en mesure de soutenir en tout temps la santé des gens, pas seulement lorsqu’ils rencontrent un fournisseur en personne, » résume M. Clarke.

Ce à quoi Mme Allen ajoute : « Je peux certainement prévoir que les applications deviendront le premier point d’entrée pour accéder aux soins de santé. Elles seront un point d’entrée pour les programmes de prévention, la gestion des crises et la navigation dans le système de santé. Les applications fournissent aux gens les accès dont ils ont besoin, quand ils en ont besoin, et elles peuvent créer un cercle de soins qui permet aux fournisseurs de soins de santé d’aider les gens de façon proactive et en temps réel. »

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