Les soins virtuels peuvent-ils atténuer la pression exercée par la pandémie?

Pendant que les Canadiens s’adaptent aux soupers de famille virtuels et à l’école en ligne, une autre technologie, les soins de santé virtuels, trouve graduellement sa voie dans la société. Les autorités de santé publique se servent déjà d’outils électroniques, notamment aux fins de triage par téléphone, pour prioriser l’administration des tests de dépistage du coronavirus. Le concept de télémédecine a toutefois d’autres applications importantes, notamment pour diminuer la pression sur les ressources de santé publique, faciliter l’accès aux soins afin de répondre aux besoins médicaux courants et favoriser le maintien de la santé et de la productivité des employés qui travaillent à distance.

Certaines provinces offrent des services de télémédecine depuis presque 20 ans, mais l’arrivée des réseaux à large bande et des appareils mobiles avec fonction vidéo a étendu le concept des soins virtuels, au point que les professionnels de la santé de tous horizons peuvent maintenant offrir à distance des services de consultation, de diagnostic, de traitement, de suivi et de counselling. L’an dernier, des cliniciens ont effectué plus de deux millions de consultations virtuelles au Canada[1], et des milliers d’applications de santé et de mieux-être ont été téléchargées.

Diminuer la pression

Pendant que les ressources du système de santé sont consacrées aux victimes de la pandémie, les soins virtuels permettent de réduire la pression qui s’exerce sur un réseau déjà saturé. Meaghan Kappel, une directrice chez PWC Canada, Stratégies de fusions et acquisitions, qui se spécialise dans les secteurs de la technologie et des soins de santé, note que « les soins virtuels sont essentiels pour assurer que les gens restent à la maison au lieu de se rendre dans des cliniques et des salles d’urgence débordées. Ainsi, ces gens contribuent à freiner la propagation de la maladie, tout en ayant le sentiment qu’on s’occupe d’eux, que ce soit pour traiter la COVID-19 ou une autre maladie ».

Mme Kappel souligne également que les soins virtuels donnent aux professionnels de la santé qui ne sont pas sur la ligne de front la possibilité de participer à l’effort global pour contrer le coronavirus, en mettant à l’essai de nouveaux outils. « Bon nombre de médecins et d’infirmières se méfiaient des soins virtuels, mais ils voient maintenant que cette approche donne des résultats et constatent que les consommateurs les réclament. » De fait, une étude réalisée en 2019 par Medisys montre que 69 % des Canadiens auraient recours aux soins virtuels si les consultations en clinique s’avéraient problématiques[2]. 

Combler l’écart

Pour les 4,5 millions de Canadiens qui n’ont pas de médecin de famille, d’autres formes de soins virtuels, comme Akira par TELUS Santé, permettent de les mettre en contact en tout temps avec un clinicien qui peut prodiguer des soins de santé physique ou mentale, adresser le patient à un spécialiste, et plus encore.

Les applications mobiles constituent un autre moyen clé d’offrir des soins et des ressources directement à la population. Une étude de 2018 a révélé que plus de 300 000 applications santé ont été créées dans le monde[3]. Aux dires de Mme Kappel, la confusion à cet égard parmi les consommateurs s’est grandement dissipée. « Il s’est produit une grande consolidation dans le secteur des soins virtuels et des applications santé, et certains acteurs très solides, tels qu’Akira, sont ressortis comme des chefs de file. »

Les applications axées sur la pleine conscience et la méditation ont de plus en plus la cote auprès des employés qui recherchent des outils facilement accessibles pour gérer leur stress et leur anxiété[3].

Les employeurs tendent l’oreille

Dans un article précédent, nous avons vu comment les soins virtuels peuvent donner un avantage concurrentiel aux employeurs. En ces temps de grande incertitude, ils peuvent aussi apporter un soutien indispensable aux travailleurs aux prises avec des problèmes d’anxiété.

Toutefois, malgré un meilleur accès aux soins, une forte demande de la part des consommateurs et les avantages que les soins virtuels représentent pour le système de santé public, seulement 9 % des entreprises canadiennes offrent ce type de service à leurs employés[2]. C’est le temps plus que jamais pour les employeurs d’envisager d’ajouter les soins virtuels à leurs régimes d’avantages sociaux.

Bien que plus de 90 % des employeurs encouragent leur personnel à recourir aux programmes d’aide aux employés[4], des études montrent que seulement 10 % environ des travailleurs font appel à ces programmes[2], comparativement à 71 % qui affirment qu’ils seraient prêts à renoncer à certains avantages pour avoir accès aux soins virtuels[2].

Avant la crise de la COVID-19, les problèmes de santé mentale coûtaient aux employeurs plus de 6 milliards de dollars par année en perte de productivité. Étant donné l’incertitude actuelle quant au moment et à la façon dont nous sortirons de cette crise, il est probable qu’un nombre encore plus élevé d’employés souffriront de problèmes d’anxiété et de dépression; or, 40 % d’entre eux pourraient ne jamais demander d’aide[5].

L’accès virtuel à des cliniciens expérimentés, couplé à un suivi en ligne et à l’utilisation d’applications de thérapie cognitivo-comportementale, offre aux employés un moyen commode, confidentiel et efficace de gérer leur stress ou d’autres problèmes de santé mentale ou de dépendance – dès aujourd’hui et lorsque la crise se résorbera. Vous pouvez en apprendre plus ici sur la façon dont les employeurs priorisent la santé mentale des employés durant la crise de la COVID-19.

« J’ai très hâte de voir où nous en serons après la crise actuelle, affirme Mme Kappel. L’occasion est idéale pour ouvrir l’accès aux soins virtuels à un large éventail d’acteurs du secteur de la santé, de sorte que nous puissions commencer à nous attaquer aux enjeux de la prévention des maladies chroniques, de l’accès aux soins et de la prise en charge des populations vulnérables. »

Pendant que les entreprises et leurs employés apprennent à naviguer dans le présent climat d’incertitude, il nous faut saisir l’occasion d’examiner de nouveaux modèles de prestation de soins de santé et de mieux-être. Nous pourrons ainsi soutenir les employés, réduire la pression sur les soignants de première ligne du système public et compter sur des travailleurs résilients et en santé capables de relever les défis de demain.

[1] Inforoute Santé du Canada, mars 2020. La santé numérique, une alliée dans la lutte contre la COVID-19
[2] Groupe Santé Medisys, 2019. Rapport sur le secteur des soins de santé virtuels – La solution au bout des doigts
[3] Liquid State, 2018. 4 digital health app trends to consider for 2018.
[4] Employee Benefit News, 2020. Mental health and telehealth apps come of age amid coronavirus crisis.
[5] Centre de toxicomanie et de santé mentale, 2018. The mental health and well-being of Ontario students

  • Restez informé

    Tous les plus récents articles envoyés directement dans votre boîte de réception.
    S’inscrire

    Nous allons vous envoyer des newsletter
    Toutes les communications vous seront faites de la part de TELUS Santé.

    Tous les champs sont obligatoires