L’accès des biosimilaires au marché.

La Conférence annuelle de TELUS Santé – Le taux de pénétration des médicaments biosimilaires sur le marché canadien progresse en réponse à différentes stratégies mises en place pour coordonner le transfert des médicaments biologiques vers les biosimilaires. Pourtant, les taux d’adoption des produits biosimilaires au Canada sont nettement inférieurs à la moyenne des pays de l’OCDE. Pourquoi ?  Quelles sont ces stratégies et quels impacts ont-elles sur le développement du marché des biosimilaires ? Voilà le sujet complexe au cœur du webinaire TELUS Santé – L’accès des biosimilaires au marché tenu le 17 juin dernier dans le cadre de la Conférence annuelle TELUS Santé – Édition virtuelle 2020.

Invité à présenter ce webinaire exclusif, le pharmacien Marc Parent, spécialiste de la question du biosimilaire, éclaire ce dossier par une analyse rigoureuse et un tour d’horizon intégral qui mettent en lumière l’ensemble des enjeux liés à l’accès des biosimilaires sur les marchés canadiens et québécois.

Les ventes de médicaments biologiques en forte croissance.

« On utilise beaucoup de médicaments biologiques au Canada », souligne d’entrée de jeu Marc Parent. « Les produits biologiques représentent environ 26 % des ventes de médicaments, un pourcentage supérieur à la moyenne des pays de l’OCDE. »

La tendance des ventes est en forte croissance année après année et exerce une pression toujours plus grande sur les régimes de santé publics et privés. La substitution de produits biologiques pour des produits biosimilaires peut réduire les coûts des régimes d’assurances. « Les médicaments génériques sont économiques et c’est la même logique que l’on pourrait appliquer ici, c’est-à-dire utiliser du biosimilaire à l’expiration des brevets des médicaments biologiques », déclare Marc Parent. Or, comment expliquer la faible pénétration des produits biosimilaires au Canada ?

Les stratégies d’accès au marché.

En 2006, l’Europe s’engageait déjà de plain-pied dans le biosimilaire avec une vision forte qui fait aujourd’hui des pays européens des leaders dans le domaine. À cet égard, le Canada et le Québec affichent un retard important par rapport à l’Europe. Les stratégies mises en place pour faciliter l’adoption des biosimilaires ont été marquées par la prudence et une lente évolution, mais aussi par une certaine frilosité et des valses-hésitations, tant au niveau fédéral que provincial, et qui ont pu entraîner de la confusion dans le développement du marché. Pensons notamment aux positions changeantes de Santé Canada, de 2010 à 2019, quant au libellé de sa recommandation sur l’interchangeabilité ou la substitution des médicaments biologiques. « D’avoir des changements aussi significatifs de la part de l’autorité canadienne sur le sujet a pu nuire au développement du marché des biosimilaires », déclare Marc Parent. Cela participe à illustrer pourquoi le Canada tarde à combler le retard pris au cours de la dernière décennie, en plus de la résistance de certains acteurs habitués à œuvrer dans un système parfaitement intégré, confrontés aux changements requis pour stimuler la croissance du biosimilaire.

Un marché en lente évolution.

Au pays, de nouvelles stratégies sont peut-être les signes d’une évolution déterminante pour le biosimilaire. Entre autres, le gouvernement provincial de la Colombie-Britannique a mis en place en 2019 un programme de remboursement forcé qui impose et finance pour certains produits la substitution du biologique par le biosimilaire. La Colombie-Britannique anticipe une économie substantielle de 100 millions de dollars par année. Toujours dans l’Ouest, le gouvernement de l’Alberta a adopté une initiative comparable, dont l’entrée en vigueur est imminente.

Quant au Québec, en matière d’économies potentielles, Marc Parent rappelle qu’il importe de « bien comprendre le contexte exclusif au Canada du système québécois, où les conditions des ententes d’inscription négociées par ou pour le gouvernement ne s’appliquent qu’au régime public et non aux assureurs privés, laissant ces derniers aux prises avec le prix officiel listé d’un médicament ». Les obstacles légaux à la composition d’ententes entre le secteur privé et les compagnies pharmaceutiques, ainsi que la latitude qu’ont les établissements de santé au Québec quant au choix du produit sur une base locale, viennent complexifier davantage la mise en place stratégique et commune d’outils visant à faire croître l’accès du biosimilaire sur le marché.

Un potentiel économique élevé, sans compromettre la sécurité.

« L’objectif ultime est de contrôler la part croissante des biothérapies en maximisant nos économies à court terme, mais aussi en créant les conditions propices au maintien de l’économie à moyen et long termes ; et, bien sûr, dans un contexte où on ne peut faire aucun compromis sur la qualité des soins », conclut Marc Parent.

Pour mieux comprendre le dossier, découvrir quels sont les principaux produits biosimilaires qui ont réussi à percer le marché canadien, et saisir tous les enjeux dans leurs dimensions scientifique, historique et politique — entre autres sur des sujets captivants comme la substitution multiple, l’effet nocebo ou les attentes des cliniciens et autres professionnels de la santé quant à leur rôle dans l’adoption du biosimilaire.

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