La COVID-19 laisse sa marque sur les demandes de règlement en 2020.

Sans aucun doute, la pandémie de COVID-19 aura eu un effet important sur les demandes de règlement des régimes privés d’assurance médicaments en 2020. Pourtant, son impact sur les coûts nets a été, contre toute attente, relativement minime, comme ont pu le constater les participants à la première journée de la conférence annuelle de TELUS Santé, le 20 avril dernier.

Les effets de la pandémie peuvent être évalués notamment en analysant la variation de l’utilisation des médicaments. Dans les premiers mois de la pandémie, la variation de la quantité de médicaments par prescription pour les maladies chroniques a connu une baisse marquée au Québec, diminuant de près de 10 % entre le mois de mars et mai 2020, tandis que l’Ontario et les provinces atlantiques ont connu une baisse majeure d’environ 40 %. Les provinces de l’Ouest, quant à elles, ont accusé une baisse d’environ 25 %. Ce n’est qu’autour du mois de juin que cette variation est revenue à la normale.

De même, en 2020, les demandes de règlement des médicaments pour traiter la dépression ont augmenté de 8 % au Québec pour les adultes assurés et de 10 % pour les personnes à leur charge. C’est dans le groupe des 20-24 ans et 25-29 ans que cette augmentation a été la plus marquée, avec une augmentation de 21,7 % et 18,9 % respectivement.

« Ceci sera certainement à analyser dans les années futures, mais pour l’année passée, on peut penser que l’on a un certain nombre de points de pourcentage qui sont dus à la pandémie », affirme Jacques L’Espérance, actuaire et président de J. L’Espérance, actuariat-conseil inc.

La variation par assuré des prescriptions pour les antibiotiques, quant à eux, a connu une baisse impressionnante de près de 20 % pour les adultes, et près de 40 % pour les personnes à leur charge, ce qui est sûrement dû en grande partie aux mesures de distanciation et d’hygiène mises en place en raison de la pandémie.

En fin de compte, le taux de croissance de 3,8 % du total des coûts mensuels admissibles pour tous les assurés au Canada en 2020 par rapport à 2019 n’est pas remarquablement supérieur ou inférieur aux résultats des quatre années précédentes. Si l’on exclut les assurés de moins de 25 ans pour atténuer l’impact du programme Assurance-santé Plus de l’Ontario au cours du premier trimestre de 2019, ce taux se stabilise à 3,6 %. Au Québec, ce taux se stabilise à 5,1 %.

Au-delà des effets de la pandémie, il est important de noter quelques considérations qui touchent particulièrement le Québec. M. L’Espérance a notamment souligné que les coûts du privé au Québec ont augmenté de 34 % de plus que ceux de la RAMQ en 13 ans, malgré une augmentation majeure de 6,1 % du coût moyen de prescription à la RAMQ en 2020. Et ceci ne tient pas compte des ententes d’inscription de produits (EIP) qui ajoutent sans doute près de 9 % de plus.

Finalement, en regardant la situation du Québec par rapport à sa province voisine de l’Ontario, on note des coûts de prescriptions de l’ordre de 20 % plus élevés au Québec qu’en Ontario.

« Au Québec, ça nous coûte 105 % de plus pour recevoir le même genre de médicaments qu’en Ontario. Et on sait en plus que les pharmaciens-propriétaires au Québec reçoivent encore des allocations des fabricants qui peuvent aller jusqu’à 15 % des coûts de leurs dépenses, alors que c’est interdit en Ontario », précise M. L’Espérance. « Il y a certainement des pas à faire au Québec pour baisser nos coûts », explique-t-il.

Les autres points forts de la présentation étaient les suivants :

  • La variation du coût admissible par prescription pour les assurés de 25 à 64 ans a augmenté de 3,3 % au Québec de 2019 à 2020. L’utilisation mensuelle a augmenté de 1,7 %.
  • Dans les 5,1 % d’augmentation du coût mensuel admissible par assuré au Québec de 2019 à 2020, le coût mensuel admissible par assuré des médicaments de spécialité a augmenté de 10,4 %, tandis qu’il a augmenté de 2,2 % pour les médicaments réguliers. Cette augmentation est plus élevée au Québec que dans les autres provinces du Canada.
  • La part des médicaments de spécialité dans les coûts admissibles a augmenté de deux points pour atteindre 32 % des coûts totaux, pour 1,3 % des réclamants. Les régimes privés des provinces atlantiques sont les plus touchés, avec 40 % des coûts admissibles attribuables aux médicaments de spécialité. Le Québec n’est pas loin derrière avec 36 % des coûts.
  • Les cinq premières maladies en pourcentage des coûts admissibles au Québec sont la polyarthrite rhumatoïde, le diabète, les problèmes dermatologiques, le déficit de l’attention et la dépression.
  • Au Québec, si la tendance se maintient, le poids des médicaments de spécialité aura rejoint celui des médicaments « réguliers » d’ici 4 ½ ans et les coûts des régimes d’assurance médicaments auront bondi de près de 50 %.
  • La politique de transition de la Colombie-Britannique pour les produits biologiques biosimilaires a profité aux régimes privés : à la fin de 2020, la part des biosimilaires dans le coût des médicaments biologiques avait plus que quadruplé, pour atteindre 69 %, depuis la mise en œuvre de la politique du gouvernement en mai 2019.
  • Quant à la substitution générique au Québec, seuls 45 % d’assurés étaient soumis à la substitution générique en 2011, tandis que ce montant s’élève à 85 % des assurés en 2020. Ce pourcentage s’élève à 88 % pour l’ensemble du Canada.
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