La Colombie-Britannique publie les plus récentes données sur le passage aux médicaments biosimilaires.

À première vue, le nombre de patients passant d’un médicament biologique à un médicament biosimilaire durant la phase 2 de l’initiative relative aux produits biosimilaires, initiative lancée en mai 2019 par le gouvernement de la Colombie-Britannique, semble peu élevé; toutefois, en examinant la situation de plus près, nous constatons qu’il est trop tôt pour tirer quelque conclusion que ce soit.

La Colombie-Britannique a publié les plus récentes données dans le numéro de février du bulletin d’information PharmaCare. On peut y lire qu’au 31 décembre 2019, soit quatre mois après le début de la période de transition de six mois de la phase 2 du programme, seulement 28 % des patients étaient passés à un médicament biosimilaire. La phase 2 touche 1858 patients prenant le médicament d’origine Remicade pour traiter des affections gastro-intestinales, soit la maladie de Crohn et la colite ulcéreuse.

Bien qu’un pourcentage de 28 % puisse paraître modeste, ce dernier pourrait être comparé au résultat obtenu durant la phase 1, laquelle s’est échelonnée du 27 mai au 25 novembre 2019. La phase 1 regroupait des patients à qui un médicament biologique d’origine avait été prescrit pour traiter des affections non gastro-intestinales, comme la polyarthrite rhumatoïde. Le pourcentage de patients qui sont passés au biosimilaire de Remicade au cours du dernier mois de la période de transition de six mois a bondi de 48 % à 73 %.

« Au 31 décembre, il restait deux autres mois à la phase 2; les chiffres pourraient donc être conformes aux objectifs et atteindre un niveau équivalent à celui obtenu à la phase 1 », a indiqué Mark Jackson, pharmacien-conseil, chez TELUS Santé.

Il n’est pas complètement inattendu que le processus de transition prenne du temps. Il peut y avoir des délais avant de pouvoir consulter un spécialiste en vue d’obtenir une nouvelle ordonnance pour un médicament biosimilaire. Par ailleurs, plusieurs mois peuvent s’avérer nécessaires après la période de transition avant que l’on puisse affirmer que les données sont, dans une certaine mesure, définitives. Deux raisons peuvent expliquer ces délais : primo, les perfusions de Remicade sont effectuées toutes les quatre à huit semaines; il peut donc prendre jusqu’à 8 semaines avant que les substitutions tardives apparaissent dans les données sur les demandes de règlement après la fin de la période de transition. Secundo, il faut un certain temps pour déterminer si le nouveau médicament prescrit est couvert par une assurance privée.

« Il se peut que certaines personnes ne soient pas passées à un autre traitement, croyant que leur régime privé continuerait à rembourser le médicament d’origine, avant d’apprendre par la suite que leur régime privé exigeait également la substitution de leur médicament biologique à un médicament biosimilaire », a déclaré M. Jackson.

Au cours de la phase 1, des taux de 73 % pour Remicade et de 78 % pour Enbrel ont été constatés, et ces résultats sont plutôt bons et pourraient continuer de croître, selon le pharmacien-conseil de TELUS Santé. Un taux de substitution de 100 % n’a jamais été prévu, étant donné que certains patients ont pu opter pour un médicament biologique d’origine différent ou cesser leur traitement, ou encore bénéficier d’une couverture par leur régime privé.

Néanmoins, le taux de substitution pour le troisième médicament biologique d’origine au cours de la phase 1, soit Lantus (insuline basale) pour les patients atteints de diabète, s’était établi à tout près de 55 % au 31 décembre 2019. Le prix de vente relativement peu élevé de l’insuline Lantus, totalisant plusieurs centaines de dollars par année comparativement aux dizaines de milliers de dollars pour Remicade et Enbrel, a sans doute contribué à cet état de fait. « Le coût que doivent débourser de leur poche les patients qui décident de poursuivre leur traitement avec cette insuline n’est pas si élevé », a précisé M. Jackson.

Selon le gouvernement de la Colombie-Britannique, les économies réalisées grâce à l’initiative relative aux produits biosimilaires ‒ qui devraient être de 96,6 millions de dollars au terme des trois premières années ‒ sont réinvesties dans les soins de santé. Cela a permis, notamment, d’élargir la couverture de manière à y inclure des médicaments contre le diabète et l’arthrite, et de lancer un programme à l’intention des patients atteints d’une maladie inflammatoire de l’intestin difficile à traiter.

Les mois à venir nous permettront de dresser un tableau plus complet des taux de substitution pour ces médicaments biologiques en Colombie-Britannique, ainsi que des conséquences inattendues susceptibles de neutraliser une partie des économies prévues, le cas échéant (p. ex. si des patients ont davantage recours à des ressources en matière de soins de santé en raison de préoccupations découlant de la substitution). Les regards seront également tournés vers l’Alberta, qui a lancé en décembre 2019 son initiative en matière de biosimilaires pour les patients qui bénéficient de la couverture du régime public d’assurance médicaments.

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