Considérations pratiques pour le remboursement du cannabis à usage médical

Les données cliniques et l’utilisation par les consommateurs, mais aussi la possibilité d’une distribution par l’entremise des pharmacies de détail, sont autant d’indicateurs que le remboursement du cannabis à usage médical par les régimes d’assurance privés est une simple question de temps. Le cannabis à usage médical reste néanmoins une option thérapeutique très à part, qui soulève une foule de questions pratiques.

« Il s’agit d’un espace en pleine évolution, incroyablement dynamique, qui, pour de nombreuses personnes, est source d’incertitude », déclarait Jason Kennedy, directeur des opérations chez TELUS Santé, aux personnes présentes à la conférence Face to Face Drug Plan Management qui s’est tenue à Toronto début décembre. Lui et Matt Gaudry, directeur, Soutien et gestion des produits, expérience client et commercialisation à la Great-West, ont co-présenté un exposé sur la manière d’envisager les modalités pratiques du remboursement du cannabis à usage médical.

« Il est vrai que nous n’avons pas encore toutes les réponses, mais il faut bien commencer quelque part, nous reprendre au besoin et nous améliorer continuellement. C’est l’expérience et l’expérience seule qui nous permettra de fixer graduellement les règles qui sous-tendent ce marché », ajoute Monsieur Kennedy.

En tant qu’adjudicateur national, TELUS Santé se prépare à un avenir où le cannabis à usage médical sera remboursé au même titre que les autres prestations par les régimes d’assurance médicaments et où les pharmacies pourraient devenir un canal de distribution majeur. « La prudence nous commande de nous préparer à ce scénario, si bien que nous nous employons à mettre en place une structure qui nous permettra de passer rapidement à l’adjudication par le truchement des pharmacies si c’est aux pharmacies qu’échoit la distribution », explique Monsieur Kennedy.

Bien que le remboursement soit également possible par l’intermédiaire d’un compte de gestion santé ou au titre des soins de santé complémentaires, un régime d’assurance médicaments présente d’autres avantages sur le long terme. « Nous pouvons exercer un plus grand contrôle et collecter de meilleures données. Les fonctionnalités des moteurs d’adjudication en pharmacie offrent une foule d’options souples et éprouvées pour gérer au mieux l’expérience et le risque », explique Monsieur Kennedy. « À cette fin, dans un souci d’uniformisation, nous travaillons avec les producteurs de cannabis autorisés à l’obtention de pseudo-numéros d’identification du médicament (PDIN) pour leurs produits puisqu’à l’heure actuelle, ceux-ci n’ont pas de DIN (numéro d’identification du médicament) », ajoute-t-il.

Durant son exposé, Monsieur Kennedy s’est plus particulièrement intéressé à trois grandes considérations pratiques pour les preneurs de régime et les conseillers en régimes : la disponibilité, les mesures de compression des coûts et l’analyse de l’incidence sur le régime.

La question de la disponibilité du produit peut paraître déroutante au premier coup d’œil. Le Canada compte en effet plus de 130 producteurs autorisés, qui proposent chacun plusieurs produits de cannabis à usage médical. Or, aucun de ces produits ne s’accompagne d’une monographie qui énonce ses indications approuvées. Il est recommandé de nouer des relations privilégiées avec les producteurs autorisés, pour travailler à l’élaboration d’une liste de produits qui associe des souches spécifiques au traitement d’affections spécifiques.

Sur le plan de la compression des coûts, l’autorisation préalable et les plafonds annuels dissiperont les inquiétudes que suscite chez les preneurs de régime l’entrée dans un marché qui en est encore à ses premiers balbutiements. L’autorisation préalable permet de limiter le remboursement aux affections pour lesquelles les données cliniques sont les plus probantes, par exemple dans le traitement des nausées et vomissements associés à la chimiothérapie, de la spasticité due à la sclérose en plaques et de la douleur neuropathique. L’autorisation préalable peut également stipuler que le cannabis à usage médical est le traitement de dernier recours, à utiliser après que les traitements classiques se sont révélés inefficaces.

Les preneurs de régime et les conseillers en régimes peuvent travailler avec les assureurs pour estimer l’incidence sur le budget des preneurs de régime. « Une fois la question de la disponibilité et de la compression des coûts réglée, nous pourrons nous attaquer à celle des coûts différentiels potentiels, tout en gardant à l’esprit que nous espérons voir un jour une compensation des coûts dans d’autres domaines thérapeutiques et catégories de prestations », explique Monsieur Kennedy.

  • Restez informé

    Tous les plus récents articles envoyés directement dans votre boîte de réception.
    S’inscrire

    Nous allons vous envoyer des newsletter
    Toutes les communications vous seront faites de la part de TELUS Santé.

    Tous les champs sont obligatoires