Ça prend un village pour améliorer la santé mentale : Comment les employeurs peuvent contribuer au bien-être de leurs employés.

Soutenir la santé mentale et le bien-être des employés est assurément la bonne chose à faire – mais c’est aussi un impératif opérationnel. Voilà le message clé des conférenciers au panel « Une prescription pour améliorer la santé du Canada » lors de la conférence annuelle de 2022 de TELUS Santé.    

« De nos jours, la gestion des risques associés aux personnes devrait être une priorité pour toutes les organisations, a déclaré Janet Young, Directrice, Personnes et Culture, Bien-être et Services de santé, à TELUS. Si, à l’avenir, nous ne gérons pas davantage les risques associés aux personnes […], nos employés en souffriront, ce que nous ne voulons pas de toute évidence, car notre entreprise et notre résultat net en souffriront également. »

Mme Young a indiqué que la stratégie de bien-être de TELUS s’articulait autour de trois éléments : l’infrastructure organisationnelle, la sensibilisation organisationnelle et la programmation ciblée.

L’infrastructure organisationnelle comprend des politiques, des processus et des ressources de soutien, des formations adaptées et un appui à la direction. Cela ne demande pas beaucoup de budget, mais Mme Young a déclaré que cela pouvait s’avérer difficile de dégager un chemin là où il n’y en avait pas. 

« Sans une très bonne infrastructure ou fondation, votre stratégie de bien-être ne peut pas prendre racine et ne peut certainement pas s’épanouir ou être soutenue », a-t-elle souligné.

TELUS a amélioré la sensibilisation organisationnelle en proposant des initiatives et des ressources qui favorisent le bien-être, mais aussi en répétant des messages et des concepts clés, comme le continuum de bien-être, qui décrit le bien-être d’une personne comme quelque chose qui va et vient tout au long de sa vie et qui est touché par des dimensions physiques, psychologiques, sociales, environnementales et financières. Les dirigeants ont été invités à utiliser ce langage de manière constante pour renforcer la sensibilisation, et l’organisation a également formé des « influenceurs » qui, non seulement, entretiennent la conversation, mais intègrent aussi ce langage dans diverses initiatives, et pas seulement dans celles menées par l’équipe Personnes et Culture.

« Nous voyons que les choses commencent à changer, a déclaré Mme Young. Nous avons maintenant des dirigeants qui intègrent ce langage dans leurs plans. »

Pour offrir des programmes ciblés, TELUS s’appuie largement sur des données, notamment des données sur les avantages sociaux, les médicaments, les accidents du travail, l’invalidité et le roulement du personnel, ainsi que sur les résultats des sondages sur la participation des employés. Ensuite, elle associe des produits au continuum de bien-être afin de s’assurer qu’il existe des mesures de soutien pour chacune des personnes, et ce, peu importe leur état de santé mentale. 

TELUS a aussi délibérément réorienté la conversation vers la valeur d’investissement plutôt que de s’intéresser au rendement du capital investi. Mme Young a posé une question directe qui a interpellé les dirigeants de TELUS :

« Plutôt que de subir des choses comme des taux de présentéisme et de roulement plus élevés, des problèmes de santé chroniques plus nombreux, davantage de problèmes d’invalidité à court terme, des coûts de prestation plus élevés, des objectifs de vente et opérationnels manqués parce que les gens ne se sentent tout simplement pas eux-mêmes […] devons-nous réagir après les résultats […] ou voulons-nous collectivement nous attaquer aux problèmes à la source et essayer d’éviter les conséquences qui en découlent en étant plus préventifs et davantage axés sur le bien-être? »

Le point de vue d’un médecin.

La Dre Diane McIntosh, psychiatre et chef des neurosciences de TELUS, a donné aux participants une idée de l’ampleur du défi que représente la santé mentale au Canada. 

« Au cours d’une année donnée, un Canadien sur cinq éprouvera personnellement les symptômes d’une maladie mentale, un sur 20 souffrira d’une maladie mentale grave et, au cours de sa vie, un sur 5 souffrira d’un trouble lié à la consommation d’alcool ou de drogues », a-t-elle déclaré, ajoutant que la maladie mentale touche les membres de la famille, les amis et les collègues en plus de la personne directement concernée.

Elle a expliqué que les prestataires de soins primaires supportaient le poids des soins de santé mentale dans ce pays, estimant que 80 à 85 % de tous les soins psychiatriques étaient effectués par des médecins de famille et des infirmiers praticiens – et que plus de la moitié des diagnostics psychiatriques initiaux n’étaient pas exacts.

Elle a indiqué qu’elle cherchait à rassembler l’innovation et la science pour soutenir nos prestataires de soins primaires « afin de les aider à diagnostiquer et à traiter les maladies psychiatriques et de permettre aux gens de retrouver plus rapidement leur travail, leur vie et l’amour ».

Faisant écho à Mme Young, la Dre McIntosh a parlé des coûts substantiels associés aux nombreux impacts de la maladie mentale sur le lieu de travail, notamment en nuisant aux relations avec les collègues et en renforçant le présentéisme, qui, selon elle, est beaucoup plus courant et coûteux pour les employeurs que l’absentéisme. Elle a ajouté : « Les demandes de prestations d’invalidité liées à la santé mentale ne sont pas seulement le type de demande qui connaît la croissance la plus rapide, elles sont maintenant le principal type de demande d’invalidité, et cette tendance inquiétante ne fait que s’aggraver. »

Toutefois, « les employeurs jouent un rôle absolument essentiel dans la santé mentale et le bien-être des membres de leur équipe », a-t-elle souligné, ajoutant qu’il existe de nombreuses interventions pour favoriser la santé mentale et le bien-être au travail et au-delà. 

Les employeurs peuvent donner accès à une gamme de programmes et de services pour soutenir leurs employés dans le continuum de la santé mentale. Le yoga, l’encadrement professionnel, des services de diététique, des programmes d’hygiène du sommeil et des séances de pleine conscience/méditation peuvent aider les employés à être en bonne santé et à le demeurer. Des services ciblés pour faire face aux facteurs de stress auxquels nous sommes tous confrontés, tels que la planification financière, le soutien parental, le conseil psychologique et, si nécessaire, la médication, sont des options importantes à également prendre en considération.

Pour les employés qui tombent malades, il est essentiel de les aider à trouver rapidement les bonnes ressources. Une intervention précoce, comprenant le soutien immédiat d’un médecin généraliste ou d’un psychologue, l’accès à des services plus spécialisés et un programme de gestion de l’incapacité au travail, est la clé d’une meilleure santé.

Collaboration public-privé.

Michel Rodrigue, président et directeur général de la Commission de la santé mentale du Canada, a donné son point de vue : « La pandémie a sensiblement modifié la situation de la santé mentale au Canada. Parmi ces changements, l’écart d’accès à des soins de santé mentale et de toxicomanie adéquats et appropriés s’est dangereusement élargi ».

Il a souligné que le secteur privé jouait un rôle de plus en plus important pour combler cette lacune en fournissant des services de santé mentale aux Canadiens, et il a fait part des principaux thèmes abordés lors d’un récent forum des assureurs des secteurs public et privé. Plus précisément, il a déclaré qu’un consensus s’était dégagé autour de l’avancement de la collaboration dans trois domaines prioritaires : le partage des données, le renforcement des capacités et le perfectionnement professionnel.

« Pour que les soins de santé mentale et de toxicomanie soient efficaces, il faut qu’ils s’adressent à tout le monde, a-t-il souligné. En favorisant une plus grande collaboration, nous pouvons montrer aux gens […] que des soins de santé mentale opportuns, appropriés et de qualité ne sont pas seulement destinés à une poignée d’entre eux, mais à la majorité. »

En réponse à une question de l’un des participants, M. Rodrigue a mentionné que les petites organisations ne disposant pas de ressources internes importantes pouvaient accéder à un grand nombre d’outils gratuits en ligne, notamment ceux du site Web de la Commission de la santé mentale du Canada, ainsi qu’à des formations offertes sur des sujets tels que la réduction des préjugés et la création de lieux de travail psychologiquement sûrs. 

« Pour la prochaine étape, nous devons vraiment considérer que pour créer un lieu de travail psychologiquement sûr, nous devons aussi prendre en compte la charge de travail, la flexibilité des horaires [et] développer un langage commun que les gens soient à l’aise d’utiliser, a déclaré M. Rodrigue. On veut un lieu de travail où il est absolument normal de dire que l’on ne se sent pas soi-même une journée et de pouvoir travailler avec ses collègues sans mettre quiconque en danger. »

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