10 étapes vers une prise en charge de la maladie chronique.

Les maladies chroniques sont de plus en plus présentes dans l’esprit des preneurs de régimes et avec raison puisque ces dernières dominent au chapitre des demandes de règlement de médicaments et d’invalidité. Que peuvent faire les employeurs pour faire face à leur présence grandissante – et à ses répercussions – au sein des effectifs? Il s’avère qu’ils peuvent faire beaucoup.

Quatre preneurs de régimes sur cinq (82 %) aimeraient que leur régime d’assurance maladie fasse plus pour soutenir les personnes atteintes d’affections chroniques, selon le sondage 2019 de Sanofi Canada sur les soins de santé. Ce souhait correspond à celui des adhérents au régime qui vivent avec une affection chronique : 87 % de ces adhérents au régime interrogés aimeraient en connaître davantage sur leur maladie et son traitement.

Quel pourcentage des effectifs profiterait de ce soutien supplémentaire? Au moins la moitié. Cinquante-quatre pour cent des adhérents au régime interrogés ont signalé avoir au moins une affection chronique, et 42 % ont affirmé souffrir de douleur chronique. Lorsqu’on les regroupe, c’est 67 % des adhérents au régime qui ont une affection chronique ou des douleurs chroniques selon le Sondage 2019 de Sanofi.

Étant donné l’harmonisation entre les preneurs de régimes et les adhérents aux régimes et l’imposante population qui pourrait en profiter, l’évolution des programmes de santé et de mieux‑être visant à mieux soutenir la prise en charge des maladies chroniques semble évidente. Toutefois, cela ne sera pas facile pour autant. Les préoccupations des preneurs de régimes au sujet des coûts constituent la barrière la plus importante à passer à l’action (60 %), suivie d’assez loin par les lacunes perçues quant à l’offre des fournisseurs d’assurance (26 %) et le fait de ne pas avoir les bonnes données ou la bonne information pour savoir où l’accent doit être mis (26 %).

« Les employeurs pourraient avoir l’impression que tout le domaine de la prise en charge des maladies chroniques est trop vaste ou trop accablant pour ce qui est de la manière de s’y prendre, » a confirmé Kim Siddall, vice-présidente, solutions santé, Aon.

Toutefois, au cours des dernières années on a pu observer des signes encourageants indiquant que les employeurs peuvent, en réalité, faire d’importantes contributions à la santé des employés. Les innovations en matière de traitement et l’accès à des soins de qualité, ainsi que la possibilité de mieux tirer profit de la technologie et des données sur les réclamations afin de concentrer les efforts et d’adapter les offres, ouvrent la porte à des occasions rentables de soutenir la prise en charge des maladies chroniques.

« Nous verrons arriver sur le marché, à moyen et à long terme, de nouveaux types de programmes qui seront destinés à améliorer les résultats pour la santé, particulièrement pour des affections comme le diabète de type 2, la maladie cardiovasculaire et l’obésité où les résultats peuvent souvent être tributaires des habitudes », a affirmé Matt Gaudry, directeur, gestion et soutien des produits, Great-West Life.

« L’occasion est d’inciter les employeurs à prendre des mesures et de leur offrir de nouvelles fonctionnalités, y compris des ressources numériques et de communications qui permettent d’établir le lien entre les employés et ce qui leur est offert, » a mentionné Jennifer Elia, vice- présidente adjointe, solutions de santé intégrées, Financière Sun Life.

La technologie sera une composante principale des programmes à venir, à la fois pour mobiliser les adhérents au régime (p. ex., avec des outils numériques ou virtuels) et pour gérer les coûts (p. ex., communications numériques ciblées). « En tirant profit de la technologie, nous pouvons accroître la capacité des employeurs à aider les membres, ainsi que l’échelle à laquelle ils peuvent le faire, tout en offrant un soutien ou un enseignement de grande qualité et réellement pertinent. Cela aide à réduire les coûts, mais ne diminue en rien la valeur de l’offre, » a expliqué M. Gaudry.

De même, les données probantes démontrent de plus en plus les avantages d’une prise en charge améliorée des maladies chroniques en ce qui a trait à la productivité, à l’absentéisme et aux congés d’invalidité. « Nous obtenons un meilleur rendement du capital investi. L’ensemble de l’industrie apprend à utiliser ses données plus efficacement pour démontrer que ces programmes valent l’investissement, » a affirmé M. Gaudry.

Comment cela se traduit-il en mesures concrètes pour les preneurs de régimes? Nos trois experts proposent les 10 mesures concrètes suivantes afin de mieux soutenir la prise en charge de la maladie chronique au sein de leurs effectifs.

  1. Plonger dans les données. Travaillez avec votre assureur et votre conseiller pour analyser toutes les données sur les demandes de règlement et concentrez-vous sur une ou deux maladies. « Vous voulez orienter les ressources et concevoir des programmes d’avantages sociaux et de mieux-être pour répondre aux plus grands besoins de vos employés. La santé mentale, les affections musculosquelettiques, cardiovasculaires et le diabète sont souvent les affections qui se retrouvent en tête de liste, » a précisé Mme Elia.

Les perspectives tirées des données sont aussi importantes pour avoir une vue d’ensemble des coûts de l’absence ou la déficience de la prise en charge des maladies chroniques (mis en évidence par une augmentation croissante de l’usage de médicaments, par exemple, ou une fréquence accrue ou une durée prolongée des congés d’invalidité.)

  1. Rallier la haute direction. Utiliser l’analyse des données pour plaider la cause et obtenir des ressources. Cela n’implique pas nécessairement le financement, du moins pas au début; toutefois, il est essentiel d’y consacrer du temps en personnel. « Comme nous l’avons appris avec le mieux-être en général, pour avoir un programme vraiment efficace, il faut qu’un des membres du personnel se l’approprie. Vous êtes plus susceptible d’obtenir les résultats que vous recherchez si ce n’est pas fait sur le coin du bureau de quelqu’un, » a ajouté Mme Siddall.

L’adhésion de la direction est également essentielle pour que les employés y adhèrent. « Votre stratégie de communication doit inclure le soutien de leaders visibles, pour aider à favoriser une culture en milieu de travail qui permet une discussion ouverte sur la santé et les maladies chroniques, » a noté Mme Ellia.

  1. Travailler avec le bon conseiller et le bon assureur. Votre conseiller est-il présent à titre de ressource et de guide? L’offre de votre assureur évolue-t-elle pour répondre à la prise en charge des maladies chroniques? Quel est le nombre de cas moyen du gestionnaire de cas de votre régime d’invalidité : est-ce un nombre raisonnable permettant une communication proactive et des interventions avec les employés en arrêt de travail?
  2. Éliminer les barrières en matière de conception de régime. Par exemple, si le diabète est l’une des maladies chroniques ciblées, l’absence de couverture, les couvertures maximales ou les quotes-parts continues pour les fournitures non médicamenteuses ou les appareils médicaux peuvent être des obstacles à la réussite de la prise en charge du diabète.

« Dans le domaine de la santé mentale, il est intéressant de constater que l’utilisation des services de psychothérapie est souvent très faible, bien que les problèmes de santé mentale soient une cause principale de demande de règlement autant sur le plan des médicaments que de l’invalidité, » a observé Mme Elia. Ceci est en partie causé par les couvertures maximales insuffisantes qui entraînent une sous-utilisation des services de psychothérapie de façon à éviter de devoir en assumer les frais. « Dans notre propre organisation, nous avons considérablement augmenté les avantages pour les services psychologiques, et les résultats préliminaires suggèrent qu’une plus grande utilisation de ces avantages peut entraîner une amélioration dans l’évolution des demandes de règlement pour des problèmes de santé mentale, y compris un retour au travail hâtif, » a ajouté Mme Elia.

Mme Siddall a également recommandé d’élargir la couverture en elle-même pour la psychothérapie. « Les psychologues ne sont pas toujours accessibles dans toutes les communautés, alors envisagez d’élargir la gamme des types de fournisseurs de services pour inclure les thérapeutes familiaux par exemple. Et vérifiez les maximums par visite afin de déterminer s’ils doivent être augmentés. »

  1. Améliorer la prise en charge de l’invalidité. Mme Siddall a cité en exemple l’une de ses clientes quant à la façon d’améliorer le soutien à la prise en charge de la maladie chronique pour les adhérents aux régimes en congé d’invalidité. Inquiète du nombre croissant d’arrêts de travail pour des raisons de santé mentale ou de douleur musculosquelettique chronique, l’entreprise manufacturière de 4 000 employés a travaillé en étroite collaboration avec son fournisseur d’assurance invalidité afin d’être plus proactive dans la gestion des cas et d’élaborer des plans individualisés de retour au travail. « Ils ont également compris qu’il faudrait du temps pour corriger la situation. La deuxième année, les demandes de règlements ont commencé à ralentir, et puis les troisième et quatrième années, elles ont diminué. Nous continuons à voir moins de demandes de règlement pour des invalidités à long terme, et des demandes de règlement de plus courte durée pour les incapacités à court terme, » a affirmé Mme Siddall.
  2. Mise en œuvre d’une politique des RH pour la gestion des absences. « Certaines maladies chroniques peuvent comporter des épisodes ou des « poussées » de symptômes, qui peuvent entraîner des arrivées tardives au travail ou des départs hâtifs, ou des absences d’une journée ou deux. Des modalités de travail flexible ou de télétravail peuvent aider, lorsque cela est possible, » a suggéré Mme Siddall.
  3. Évaluer tous les avantages et envisager un rééquilibrage pour libérer des fonds aux fins de la prévention et de la prise en charge des maladies chroniques. « Une fois que vous comprenez les répercussions des maladies chroniques au sein de vos effectifs, regardez comment vous investissez dans les programmes d’avantages sociaux et de mieux-être. Les ressources ciblent-elles les secteurs où les besoins sont les plus grands? L’idée est de continuellement évaluer le rendement et la conception du régime, afin de s’assurer que vous n’affectez pas des ressources simplement parce qu’elles ont toujours été là, » a mentionné Mme Elia.
  4. Participer à des projets pilotes. Lorsqu’il est question d’innovation en matière de traitement (comme les tests de pharmacogénomique) ou les outils technologiques (comme une messagerie ciblée sur les données personnelles de demandes de règlement), les projets pilotes sont essentiels pour permettre de déterminer les résultats et la faisabilité. Ils peuvent aussi être une façon pour les preneurs de régimes de procéder de manière progressive, à plus faible coût. « Notre rôle en tant que fournisseur d’assurance collective est de mettre à l’essai et d’apprendre, et dans un scénario idéal les preneurs de régimes lèvent leur main pour participer avec nous à des projets pilotes afin que nous puissions apprendre ensemble, et concevoir des avantages sociaux pour l’avenir, a déclaré Mme Elia. L’engagement n’est pas nécessairement lourd en ressources pour le preneur de régime, et il peut penser que c’est plus de travail que ce l’est en réalité. Ce que nous recherchons est une ouverture à essayer de nouvelles fonctionnalités et innovations. »
  5. Communiquer, communiquer, communiquer. Il se peut que les ressources soient déjà en place pour soutenir la prise en charge des maladies chroniques, surtout lorsqu’il est question de changement des habitudes de vie, au moyen d’un programme d’assistance aux employés ou d’avantages paramédicaux. Malheureusement, « le manque de sensibilisation est souvent le défi numéro un, a souligné Mme Elia. Il est essentiel de consacrer des ressources en matière de communication pour s’assurer que les employés savent ce qui est offert. »
  6. Demeurer au sommet de l’innovation dans le domaine de la santé. Nos trois experts étaient tous d’accord sur le fait qu’il y a une foule d’innovations dans les soins de santé de nos jours; par exemple, des dispositifs intelligents portables de qualité médicale qui génèrent des données cliniques auxquelles les fournisseurs de soins de santé peuvent avoir accès. Travaillez avec vos preneurs de régime pour rester informé et pour évaluer leurs interventions auprès de vos effectifs, et pour générer de l’enthousiasme au sujet des avantages potentiels sur la santé et la productivité des employés.
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